La campagne de financement de la Revue H débute aujourd’hui.

Rejeton de modestes pratiques éditoriales, la revue littéraire au Québec est un mutant, un monstre, une sorte d’hybride inachevé qu’on utilise comme un outil pour se faire la main, une répétition générale avant le grand événement. La création littéraire converge vers un seul but, le livre. Mais nous, l’équipe de la Revue H, nous aimons les monstres, nous admirons ce qu’ils nous disent, cette altérité à laquelle ils nous confrontent. Nous sommes émerveillés par la puissance métaphorique du monstrueux, nous sommes émus par la fragilité d’un monstre de Frankenstein, engagés par la marginalité des X-Men, convertis à la métaphysique environnementaliste d’un Swamp Thing. Ce que d’autres ont envie d’écarter comme faisant partie d’un passé d’amateur, d’embûches menant à la « véritable création » (whatever that means…), nous souhaitons l’encenser, lui donner une place bien haute dans le panthéon des littératures.

Dans les faits, nous remarquons que le bouquinocentrisme dévalorise le métier d’écrivain. Le nouvelliste et le « poète à la pige » sont le cheap labour de la culture littéraire. C’est normal, dira-t-on. Les revues subventionnées survivent tout juste, on arrive de peine et de misère à assurer une relève éditoriale qualifiée. Plusieurs se tournent alors vers le web. L’édition d’une revue et la contribution à celle-ci sont devenues un passe-temps, un travail bénévole effectué à temps perdu entre une job et un lavage de vaisselle, pour l’amour de la littérature. Soit. On en profite pour prophétiser la mort de la littérature deux fois par semaine. Pourtant, ne nous leurrons pas, la littérature ne sera pas morte tant qu’il y aura des gens passionnés et dévoués qui sont prêts à se faire chicaner lors des soupers de Noël sur leurs choix de carrière douteux. Tant mieux, mais est-ce assez?

Nous souhaitons redonner sa place à l’écriture en marge de l’industrie culturelle en réinventant le modèle de financement des revues de création. Notre pari est d’intégrer le financement participatif et la production de contenu littéraire au sein même de la chaîne de blocs. Le financement participatif est le principal levier de H. Cette méthode permet au grand public et aux communautés littéraires de nous soutenir par l’intermédiaire de petits dons. Les sommes récoltées par le financement participatif servent à constituer un fonds sur la chaîne de blocs. Chaque jour, le fonds génère proportionnellement à sa taille dans le bloc des revenus distribués par l’intermédiaire du contenu produit. Ces revenus sont distribués sous forme de jetons échangeables contre des devises sur les marchés. 75% du produit de ces ventes est partagé entre les auteurs et les collaborateurs. Le 25% restant est réinvesti dans le fonds. L’objectif à moyen terme est de rendre la Revue H indépendante de toute source de financement externe.

Nous valorisons une littérature à la fois pop et savante, marquée par l’irrévérence, le décalage et l’intelligence sans prétention. Nous encourageons les expérimentations formelles et les prises de libertés. Nous recherchons des voix qui se moquent des conventions éculées et des styles qui n’ont pas peur de faire l’école buissonnière. Nous privilégions les textes qui se démarquent par la justesse du ton et la créativité du style. En d’autres mots, nous espérons nous faire surprendre et désarçonner par vos textes.

Si vous partagez notre vision, si vous aussi vous souhaitez de nouvelles littératures qui brisent les règles, les normes et les murs, envoyez-nous vos contributions, financières et créatives.

Vos dons nous permettront de:

  1. Publier 3 éditions en ligne par année + une édition spéciale (si possible);
  2. Payer l’hébergement du site Web et les frais administratifs;  
  3. Soutenir financièrement les écrivains francophones;
  4. Faire rayonner la culture littéraire.

Faites un don aujourd’hui.

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