Chute

je danse à côté du DJ parce que je crois dur comme fer que plus je suis proche meilleure la musique sera j’écaille mes principes avec un couteau à beurre chaque dimanche matin je sors le compost je nourris mon chat une tortue traverse la rue au mauvais endroit le sucre s’est accumulé dehors la musique me fait plus voyager que tes paroles je sors la passoire je rêve aux fantômes je me rappelle le serment des autruches j’écris aux absents je pense à ceux qui sont responsables et qui ne veulent rien assumer la suite du feu est à leurs portes je suis habité par la perte en moi poussent des séquoias  l’air glacial grave sur mes joues des remords les mots m’ont poursuivi jusqu’ici je suis revenu chez moi le papier peint s’était recollé tout seul les murs constellés de caillots ont appris à cohabiter avec mes désirs même si je ne les sors qu’une fois par semaine de leur placard toujours au moment où je sors les poubelles dehors je vois une forteresse de bottes de paille en feu pas de quoi brûler à chaudes larmes je ne me rappelle pas c’était quand la dernière fois où j’ai senti la caresse des nuages qui fuyaient le matin face à mon café j’écoute le chant des ronces qui s’accrochent mon col de chemise n’est pas imperméable aux étranglements l’épuisement vient du fait de sentir qu’on n’en fait jamais assez pour les autres insuffisance amicale de retour chez moi je plonge la tête dans le matelas pour entendre le chant des baleines je vois sur mes murs le visage des gens qui dorment je repense à ta remarque comme une goutte d’acide je suis une horde de chiots abandonnés le velours résonne les mains dans la neige j’avale des trous noirs de béatitude dans mon terrier j’ai envie d’être autre chose que la honte qui remplit mes poumons

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